Ce rapport est tombé après une impasse de quatre ans. Il offre un tableau synthétique, descriptif et analytique de la situation des droits humains au Burkina en 2008 et 2009. Ce présent rapport traite des principaux thèmes qui concourent à la promotion des droits de l’homme.

Il s’agit, entre autres, du fonctionnement des institutions républicaines ; de l’état des droits civils et politiques ; de l’état des droits économiques, sociaux et culturels ; des droits de la femme et de l’enfant et enfin, de la situation dans les prisons. Il ressort de ce rapport que notre pays a ratifié un très grand nombre d’accords internationaux et régionaux mais malheureusement, leur application n’est pas effective. Traitant tout d’abord du fonctionnement des institutions de la république, le rapport a relevé l’évident déni de séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

La justice burkinabé est et demeure sous ordre. Elle est animée et administrée pour la plupart par des juges entièrement et inconditionnellement acquis à la cause de l’exécutif. Ainsi, lui même source de déni de justice et d’impunité, le système judiciaire burkinabè actuel constitue de ce fait, un véritable facteur de dangers pour la paix et la stabilité sociale au burkina. La situation des droits civils et politiques est très inquiétante au regard des faits, a martelé le président du MBDHP, Chrysogone Zougmoré.

Pour lui, les faits qui sont imputables au pouvoir sont les cas de traitements cruels, inhumains et dégradants, culminant à des actes de torture dans les locaux de la police judiciaire, qui sont commis par des éléments des forces de sécurité. Les cas d’exécutions extra-judiciaires sont toujours d’actualité. Au titre des droits économiques, sociaux et culturels, l’accent a été mis sur questions de santé, d’éducation, ainsi que la vie chère, qui restent des domaines de préoccupation majeure pour les populations des villes et des campagnes.

Pour ce qui est de la question de la femme et de l’enfant, ces deux groupes ont vu leurs conditions de vie rendues plus précaires du fait de la vie chère. Les familles burkinabè sont, dans leur très large majorité, confrontées aux conséquences de cette paupérisation. Le rapport a également mis l’accent sur les difficiles conditions carcérales et la méconnaissance des droits des détenus dans notre pays.

L’Etat doit jouer sa partition en matière de promotion des droits humains

Afin que ces maux évoqués trouvent des solutions idoines, afin d’enrayer les causes néfastes à la promotion des droits humains, le MBDHP a fait des recommandations à l’endroit de l’Etat burkinabè, principal garant et débiteur en matière de droits humains. Ces recommandations portent particulièrement sur les droits civils et politiques ; les droits économiques, sociaux et culturels ; les droits de la femme et de l’enfant mais surtout la nécessité d’améliorer les conditions de vie dans les prisons. En vue de sa vulgarisation, le rapport sera disséminé dans les quatre coins du Burkina pour que la population puisse s’en approprier. "A travers ce rapport, nous voulons participer, à notre manière, à la construction de la démocratie", a souligné le président du MBDHP. Ce rapport de 75 pages et qui coûte 500 FCFA a bénéficié du soutien financier des partenaires comme l’Ambassade Royale du Danemark et DIAKONIA.


Chrysogone Zougmoré, président du MBDHP : "Le Burkina recule en matière de droits humains"

La situation des droits de l’homme au Burkina va de mal en pis. La preuve, c’est qu’on constate encore des arrestations arbitraires, des exécutions extra-judiciaires, la vie chère qui réduit le Burkinabè à une situation de misère. Nos prisons n’offrent pas les meilleures conditions de vie pour les détenus. La séparation des pouvoirs, notamment l’indépendance au niveau de la justice n’est pas une réalité au Burkina. La participation citoyenne à la vie de la nation demeure préoccupante.

Ambèternifa Crépin SOMDA (Stagiaire)

Le Pays