Pour rappel, le 13 décembre 1998, le journaliste Norbert Zongo, directeur de publication du journal "L’Indépendant", et trois de ses compagnons sont assassinés. On retrouve leurs corps carbonisés dans un véhicule sur la route de Sapouy.

Contraint par d’importantes manifestations populaires et en réponse aux demandes des organisations nationales et internationales de protection des droits de l’Homme - au premier rang desquelles la FIDH et son organisation affiliée, le Mouvement burkinabé des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP), le gouvernement a mis en place une Commission d’enquête indépendante (CEI) chargée de faire la lumière sur les faits et les responsabilités concernant l’affaire Zongo. Le 17 janvier 1999, la CEI a conclu à « un assassinat pour des motifs purement politiques parce qu’il Norbert Zongo pratiquait un journalisme engagé et d’investigation. » Six « sérieux suspects » du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) ont été désignés par la CEI, dont l’adjudant Marcel Kafando, inculpé en février 2002 pour "assassinat" et "incendie volontaire".

« Les lenteurs et la vacuité de l’enquête ouverte par la justice burkinabé dans l’affaire Zongo étaient déjà préoccupantes au regard du droit à la justice garanti par les dispositions internationales de protection des droits de l’Homme. Ajourd’hui, ce déni de justice est un coup porté à l’Etat de droit au Burkina Faso », a déclaré Sidiki Kaba, président de la FIDH.

La FIDH et le MBDHP rappellent les obligations internationales du Burkina Faso quant aux garanties d’indépendance de la justice et au respect du droit à la justice, conformément aux dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples. La FIDH et le MBDHP exigent que toutes les voies de recours contre la décision de non-lieu soient actionnées. La FIDH et le MBDHP assurent leur constante mobilisation pour que toute la lumière soit faite sur l’assassinat de Norbert Zongo et de ses trois compagnons et ne manquerons pas, en cas d’impunité dans cette affaire, de saisir les mécanismes régionaux et internationaux de protection des droits de l’Homme.